La femme de l'ombre

La femme de l'ombre

Quand la ville dort,
Elle sort.
La lune pour seule témoin,
Elle se dirige dans un coin.
Elle se cache ;
De la réalité, elle s'arrache.
Derrière un sourire, derrière des habits,
Son rêve, sûrement trop extravagant, s'évanouit.
Chevelure au vent, rouge à lèvres flamboyant,
Elle attise les regards ;
Regards malveillants, regards de loubards
Qui s'attardent sur son décolleté brûlant.
Elle vend son corps
Comme on vend une marchandise.
Quelle bêtise ! Qu'on l'humanise !
Patiemment, elle attend sa mort
Parce qu'elle sait qu'en continuant ainsi,
Elle se condamne, elle se pert,
N'ayant aucun repère, aucune terre,
Aucun parent sur lequel elle pourrait prendre appui.
Enfant d'un autre temps,
Elle reste incomprise des gens.
Pourtant, sa vie continue,
Lente & éternelle ;
Délicate & frêle,
Sous les fracas de la rue.
Comme elle aurait aimé figer les heures !
Pour tout recommencer.
Comme elle aurait aimé être ailleurs !
Pour, une ultime chance, se donner.
Hélas ! Ce ne sont là que de sottes pensées !
Parce que ce ne sont pas les pensées d'une fille comme elle.
Femme de l'ombre, fille de l'éternel,
Elle s'abandonne tout entière à ses clients impurs, dépravés.

# Posté le jeudi 28 mai 2009 16:37

A celle que j'ai trop aimée

Sous une lune compatissante, je me laisse aller.
Je m'abandonne à moi-même,
A cette tristesse trop longtemps refoulée
Que seule une véritable amitié sème.

Elle est la fée de ces journées dont on ne sait jamais quand elles commencent.
Je suis la sorcière de ces soirées dont on ne sait jamais quand elles s'achèvent.
Ainsi, nous nous complaisons dans nos différences
Cherchant l'une dans l'autre, quelque délivrance.

J'avoue, je l'ai aimée
Comme on aime une s½ur cachée.
Et le piège, sur moi, s'est refermé.
En gage de preuve, voyez mon c½ur déchiqueté.

O chère amie, pourquoi me tourmentez-vous de la sorte ?
N'ai-je pas mérité quelque pitié ?
Je ne suis pas aussi forte
Que vous ne le pensez.

Devenue une poupée, mon c½ur de glace
S'est brisé sur les parois de nos souvenirs fugaces.
Et mon corps en hypothermie ne ressent plus aucune sensation.

Sous mon visage pâle, sous mes yeux sans expression,
Se cachent de tendres et vains sentiments
Qui ne seront amoindris ni par les océans ni par les continents.

Une brûlure au fond des entrailles,
Les regrets m'assaillent.
Je revis nos derniers instants
Comme si le futur, le nôtre, était inexistant.

L'obscurité de la nuit m'éclaircit l'esprit,
Me fait entrevoir une vie nouvelle,
Une vie sans elle.
Mais une vie sans vous est-elle encore une vie ?

# Posté le dimanche 24 mai 2009 01:28

Paysage Néo-Zélandais

De battre, mon coeur s'est arrêté. Je me suis arrêtée. J'étais là, immobile devant les chefs d'oeuvre de Dame Nature. J'essayais de déguster, savourer chaque arbre, chaque fleur, chaque herbe mais cela était impossible alors je profitais de l'instant présent réalisant la chance d'avoir découvert ce lieu où les problèmes semblaient s'évaporer, s'évanouir. Il n'y avait de place que pour le bien-être & l'apaisement. C'était un endroit qui révélait une beauté si simple mais tellement sublime: une beauté sans artifices. Il reflétait mon fort intérieur et effaçait mes doutes pour ne laisser que les certitudes sur lesquelles reposait mon être. Celui-ci disparut, il ne restait que mon âme, la seule capable de capturer les délices qu'offrait ce paysage plein de jouvence, de vie. Vie dûe en partie grâce au printemps qui avait laissé son empreinte. Le vert s'étendait au-delà de l'horizon. Je pouvais m'y perdre. Une part de moi le désirait intensément & l'autre se fit rappeler à l'ordre: ma vie devait reprendre là où elle en était restée. J'étais face à un dilemme. Que devais-je faire, suivre mon instinct ou me laisser guider par le rationnel?

# Posté le dimanche 08 mars 2009 03:35

Poison

J'ai avalé une gorgée de ce doux poison que tu m'as recommandé. Quoi qu'un peu amer, je ne cesse de le boire, de te boire. Plus je le goûte, plus je l'adore. J'en suis devenue dangereusement dépendante mais cette addiction ne sera qu'éphémère, le temps que prendra cette délicieuse boisson à faire effet. J'exulte d'impatience.
Quelques minutes plus tard, il commence à agir. Je délire: je me sens partir. C'est à la fois si agréable de contrôler sa vie, de l'avoir entre ses mains & de faire ce que bon nous semble mais si détestable de souffrir autant pour une chose si dérisoire.
Je le ressens. Il s'infiltre dans mes veines se mélangeant avec mon sang puis s'invite dans mes organes. Il prend possession de mon enveloppe charnelle avec une telle facilité que je me mets à mépriser la simplicité de la structure de l'anatomie humaine.
Mes entrailles me brûlent. La violence du venin tord mes membres, les agite d'une manière proche de la démence, me terrasse. Etrangement, cette douleur me soulage. « Souffrir pour vivre » ; c'est au prix de ce tourment que je continue à respirer aussi me suis-je mis à l'apprécier. Mais elle ne m'a pas empêché de me perdre dans les replis de mon cerveau, tentant de capter les souvenirs les plus marquants afin de les amener avec moi dans l'au-delà.
C'est alors que ton visage apparaît dans mon esprit intoxiqué tel une ultime consolation avant l'achèvement. Il me déstabilise à tel point que je décide de précipiter ma chute. Je ravale une deuxième gorgée puis au comble de mon désespoir, je continue. Je ne lâche le flacon qu'après m'être assurée qu'il ne restait plus rien à l'intérieur. Le vide.
Cherchant un objet sur lequel me reposer pour vivre mes derniers instants, je m'enveloppe avec lenteur & délicatesse dans mes draps de soie. Je m'en vais là où tout a commencé il y a maintenant 3 ans. Te souviens-tu?
Je ferme lourdement les yeux, essayant d'imaginer ce qui m'attend, ce qui suit la mort, souriant à l'idée que tant de philosophes se soient attardés sur la question alors que la réponse me sera révélée dans quelques secondes à peine.
Au plaisir de te revoir. Adieu.

# Posté le vendredi 06 mars 2009 07:23

Attirance physique

La nuit vient à peine de tomber couvrant ainsi le ciel d'un agréable voile gris ardoise. Le clair de lune découvre une partie de ma chambre. Elle semble nue à présent comme si on lui avait enlevé son côté mystérieux. C'est alors que je distingue une ombre, celle d'une personne, d'un homme. Je tressaille, plus par surprise que par peur. Etrangement, je me sens en sécurité, en harmonie avec moi-même & avec lui. Bien que l'obscurité dissimule ses traits, je le reconnais: c'est lui. Il est là, assis sur mon lit. Il m'attend. Je le fais languir une seconde puis je le rejoins gardant une certaine distance de crainte de défaillir sous son regard de feu. Il me tire vers lui avec une extrême fermeté. Je le laisse faire. Je ne contrôle plus mon corps. Je ne contrôle plus rien en sa présence.
Le contact de sa peau contre la mienne m'électrocute, m'électrise d'allégresse à tel point que des papillons virevoltent à l'intérieur de moi. Il m'enlace dans une violente étreinte comme s'il n'attendait que cela depuis notre première rencontre. La chaleur de ses bras autour de moi m'embrase. Mes joues s'enflamment, prennent une teinte joliment rosée. Je suis sur le point de perdre conscience quand soudain les battements de son coeur contre mon genou me raniment. Les siens sont si réguliers comparés aux miens. Les miens se rapprochent plus de palpitations que de battements. Mon coeur peut céder à tout instant mais qu'importe tant que je reste avec lui. Quitte à mourir autant mourir maintenant sous la pression de son corps sans défauts.
Il m'appartient; je suis sienne. Ivres, nos faibles corps se comprennent en silence sans même un murmure.

# Posté le samedi 14 février 2009 21:48

Modifié le lundi 16 février 2009 04:14

William

Il a à peine 16 ans. Il croque la vie à pleines dents, il rit à gorge déployée. Il incarne le bonheur, celui que tout le monde essaie d'attraper... en vain. C'est si parfait, tellement parfait qu'il a fallu que la perfection s'évanouisse en maladie. Sa vie a donc pris un chemin différent voire opposé. Elle s'est poursuite dans un hôpital: les médicaments, les seringues, le corps médical mais surtout l'odeur de la mort... Mort sans répit, toujours à l'affût de proies nouvelles mais cette fois-ci, la proie, c'est lui. Il ne sait pas comment y échapper parce qu'il n'a jamais eu à y faire face auparavant alors il s'abandonne doucement, fatigué de se battre pour une chose qu'il sait perdue d'avance. Vicieuse, la maladie a réussi à l'atteindre psychologiquement: il rassemble ses dernières forces pour arracher violemment les fils de la machine qui l'ont accroché à la vie. Il ne souffre plus; je souffre à cause de lui. Je n'ai pas réussi à l'enfoncer dans les méandres de ma mémoire. Je suis son essence: je survis à travers son souvenir. Ses yeux remplis d'espoir, ses sourires parfois forcés pour n'inquiéter personne me dévorent intérieurement mais il y a aussi sa voix, sa douce voix qui résonne & qui me demande de l'aide. Je reste là comme paralysée, impuissante. Quoi que je fasse, il est toujours là, dans ma tête & dans mon coeur. Depuis 2 ans, déjà. 2 ans qu'il est au paradis & moi, en enfer. Les regrets m'envahissent: "si j'avais été plus présente pour lui ou si je n'avais pas fait ça ou pas de cette manière, il serait peut-être encore parmi nous". & je ne peux m'empêcher de me dire que j'aurais pu être à sa place mais que la vie en a décidé autrement... Cette culpabilité ne s'effacera jamais. Irrévocables, mes erreurs ne sont plus rattrapables.

# Posté le dimanche 01 février 2009 15:15

Ignorance

Quelques jours auparavant, je marchais dans le quartier à la recherche de réponses; réponses à mes questions existencielles dont la profondeur était superficielle. Il était nécessaire que je fasse le point, que je me recentre sur mes priorités & sur moi-même. D'ailleurs, je ne savais plus quelles étaient mes priorités ni qui j'étais. Plus je pensais, plus je me questionnais. Je me perdais dans mes réflexions tel un oiseau né en captivité que l'on aurait subitement libéré. Mes illusions s'envolaient une à une dans le vent. La fille naive que j'étais "avait quitté le nid" pour se métamorphoser en adolescente lucide. D'un coup, tout s'éclaircit: j'eus la révélation. Mes interrogations étaient des portes fermées dont il fallait trouver la clef pour les ouvrir & cette clef, c'était l'ignorance. Si j'ignorais, je connaîtrais le bonheur mais c'était trop tard, on m'avait déjà appris à développer mes idées. Plus j'y repensais, plus j'en étais certaine: moins on en sait, mieux on se porte, ce qui revenait à affirmer que l'ignorance, c'est le bonheur.

# Posté le mercredi 31 décembre 2008 20:22

Rupture

J'éprouve un immense sentiment de solitude depuis que tu es parti. Brisée, fracturée, détruite, anéantie, je réalise que tu ne reviendras plus, qu'entre nous c'est définitivement fini. Dès le moment où tu as franchi la porte, j'ai compris que tu étais toute ma vie.

# Posté le mercredi 31 décembre 2008 20:15

Peur

Les hommes sont tous plus ou moins différents les uns les autres mais ils partagent les mêmes sentiments. Sentiments qui peuvent causer leur perte telle la peur.


La peur est le pire châtiment pour l'Homme. Plus elle est grande, plus elle a d'impacts.

# Posté le mardi 30 décembre 2008 23:12

Nature

Le Soleil disparaît sous l'horizon. La Lune se révèle couvrant le monde d'une lumière blanchâtre. Ce soir, elle est pleine. Je regarde cette scène, admirative.

# Posté le mardi 30 décembre 2008 22:38

Modifié le mardi 30 décembre 2008 23:11